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J’ai mangé pour deux pendant tout mon premier trimestre : le jour de la prise de sang, ma gynécologue m’a montré un chiffre

Un chiffre à trois zéros affiché sur la feuille de résultats, un sourire crispé de ma gynécologue et cette phrase qui tombe comme un couperet : « Il va falloir revoir sérieusement votre alimentation. » Enceinte de mon premier enfant, j’étais pourtant persuadée de bien faire en mangeant « pour deux ». Petits plaisirs multipliés, portions doublées, envies satisfaites à toute heure du jour et de la nuit… J’avais transformé ma grossesse en un long banquet, convaincue que chaque bouchée supplémentaire nourrissait mon bébé. Jusqu’à ce matin de premier trimestre où la prise de sang m’a rappelée à la réalité. Ce jour-là, j’ai compris que je faisais fausse route depuis le début, et que cette expression héritée de nos grands-mères avait bien failli me coûter une grossesse sereine.

Le mythe du « manger pour deux » qui m’a piégée dès les premières semaines

Dès le test positif, j’ai basculé dans une logique que je pensais bienveillante : puisqu’un petit être grandissait en moi, il fallait le nourrir. Un pain au chocolat le matin devenait deux, la part de gratin se transformait en assiette débordante, et le carré de chocolat de fin de repas se muait en tablette entière « parce que bébé le réclame ». Mon entourage, plein de bonnes intentions, entretenait la croyance : ma belle-mère me resservait systématiquement, ma tante répétait qu’une femme enceinte doit « profiter », et même certaines collègues me glissaient qu’il ne fallait « surtout pas se priver ». En quelques semaines, j’avais pris près de sept kilos alors que mon premier trimestre n’était même pas terminé. Les nausées, paradoxalement, ne freinaient rien : je grignotais en permanence pour les calmer, empilant biscuits secs, tartines beurrées et jus de fruits sucrés. Je vivais cette période comme une parenthèse enchantée où toute discipline alimentaire semblait suspendue, presque interdite.

Le chiffre affiché sur ma prise de sang qui a tout remis en question

Le rendez-vous de contrôle est arrivé, et avec lui la fameuse prise de sang. Ma gynécologue a posé les résultats devant moi et pointé du doigt une valeur : ma glycémie à jeun frôlait le seuil du diabète gestationnel, alors même que le test officiel de dépistage n’était pas encore programmé. À cela s’ajoutaient une tension légèrement élevée et une prise de poids jugée « préoccupante pour un début de grossesse ». Elle m’a expliqué, sans jamais me culpabiliser, que mon corps envoyait déjà des signaux d’alerte. Le risque, si je continuais sur cette pente, était clair : un diabète gestationnel avéré, un bébé potentiellement trop gros, une hypertension gravidique, voire une pré-éclampsie. J’ai quitté le cabinet avec une boule au ventre et cette question lancinante : comment, en voulant si bien faire, avais-je pu mettre en danger ma grossesse ? La réponse tenait en une seule phrase qu’elle m’avait glissée avant de partir : « Vous ne mangez pas pour deux, vous mangez deux fois mieux. »

Ce que disent vraiment les nutritionnistes : 150 à 300 calories, pas une assiette de plus

La réalité des besoins énergétiques pendant la grossesse est bien plus modeste que ce que la culture populaire véhicule. Les recommandations nutritionnelles actuelles sont sans ambiguïté : le supplément calorique se situe entre 150 et 300 calories par jour, et encore, principalement à partir du deuxième trimestre. Au premier trimestre, les besoins sont quasiment identiques à ceux d’avant la grossesse. Concrètement, 150 calories, cela représente un yaourt nature avec une poignée d’amandes, ou une tranche de pain complet avec un peu de fromage. On est très loin de la double portion de lasagnes.

  • Premier trimestre : aucun apport supplémentaire nécessaire dans la majorité des cas
  • Deuxième trimestre : environ 150 calories de plus par jour
  • Troisième trimestre : environ 250 à 300 calories supplémentaires quotidiennes
  • Privilégier les protéines de qualité, les légumes, les fruits frais et les céréales complètes
  • Limiter les sucres rapides, les produits ultra-transformés et les portions doublées « par réflexe »
  • Écouter sa faim réelle plutôt que les envies dictées par les hormones ou l’entourage

Voici un repère visuel simple pour se situer au fil de la grossesse :

TrimestreApport supplémentaireExemple concret
1er trimestre0 à 100 kcalUn fruit ou un yaourt
2e trimestre150 kcal environUne tranche de pain complet + fromage frais
3e trimestre250 à 300 kcalUn bol de soupe + une poignée de noix

Après ce rendez-vous, j’ai revu toute mon organisation : trois repas structurés, deux collations raisonnables, beaucoup d’eau et une marche quotidienne. En quelques semaines, la balance s’est stabilisée et ma glycémie est redevenue normale. J’ai terminé ma grossesse sans complication, avec un bébé au poids parfaitement dans la norme.

Avec le recul, je réalise à quel point cette croyance populaire peut faire basculer une grossesse sereine vers un parcours médicalisé alourdi. Manger équilibré, écouter sa faim réelle et se fier aux recommandations actuelles : voilà les trois réflexes que j’aurais aimé adopter dès le test positif. Si mon expérience peut éviter à une future maman de vivre la même frayeur, alors ce partage aura servi à quelque chose. Et vous, quelles idées reçues sur la grossesse aimeriez-vous voir enfin déconstruites ?

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Marie R.

Written by Marie R.

Je suis Marie, rédactrice passionnée par la parentalité et la forme autour de la grossesse. J’écris pour accompagner avec des conseils rassurants.
Équilibre et bien-être avant tout.