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« Je ne savais pas que cette position pouvait poser problème » : les kinés tirent la sonnette d’alarme !

Mars arrive, apportant avec lui ces interminables après-midis de fin d’hiver où les enfants restent longtemps à l’intérieur en attendant que le printemps s’installe. Votre enfant joue tranquillement sur le tapis du salon, entouré de ses jouets de construction ou de ses poupées. Scène idyllique, n’est-ce pas ? Sauf que si vous baissez les yeux, vous remarquez cette posture étrange : les fesses posées directement au sol, coincées entre les talons, les jambes repliées de chaque côté formant un parfait W. On les regarde souvent avec un mélange d’étonnement et d’envie, se disant que leur souplesse est décidément sans limite. Pourtant, derrière cette apparente agilité se cache une réalité un peu moins flatteuse que les kinésithérapeutes observent avec une préoccupation grandissante. Ce n’est pas simplement une façon originale de s’asseoir, c’est un signal d’alerte que notre corps nous envoie, et il serait peut-être temps d’y prêter attention.

Ce n’est pas de la souplesse, c’est une astuce du corps pour compenser une faiblesse musculaire

On a souvent tendance à applaudir la flexibilité de nos enfants sans trop se poser de questions. Sauf que dans le cas précis du W-sitting, ce que nous prenons pour de la souplesse est en réalité le signe d’une stratégie de compensation. L’enfant ne choisit pas cette position par confort esthétique, mais par pure nécessité physique : il cherche une stabilité passive.

Concrètement, cela signifie que ses muscles posturaux, ceux qui sont censés le tenir droit sans effort, manquent de tonus. Plutôt que d’utiliser ses abdominaux et les muscles de son dos pour se maintenir, l’enfant se verrouille dans ses articulations. Il s’appuie littéralement sur ses ligaments et la structure de ses hanches pour ne pas tomber. C’est un peu comme si, au lieu de tenir un mât avec des muscles, on le coinçait simplement entre deux rochers pour qu’il ne bouge plus. C’est efficace sur le moment, certes, mais cela dispense totalement les muscles stabilisateurs de faire leur travail. Et comme tout parent le sait, un muscle qui ne travaille pas est un muscle qui ne se développe pas.

Un tronc verrouillé qui ne tourne plus : les difficultés futures à rester assis et à écrire

On pourrait se dire, avec un certain pragmatisme : « Et alors ? S’il est bien comme ça pour jouer aux petites voitures, où est le mal ? » Le problème, c’est que cette habitude a des répercussions en cascade qui vont bien au-delà du tapis de jeu. Lorsque le bassin est ainsi bloqué au sol entre les talons, il est littéralement verrouillé. Cette position empêche toute rotation du tronc. Essayez donc de tourner le buste pour attraper un objet derrière vous tout en étant assis en W : c’est mécaniquement impossible ou très limité.

Cette absence de rotation et de transfert de poids a des conséquences directes sur le développement de la motricité fine et de la latéralisation. Voici ce que cela risque de provoquer lorsque l’école deviendra plus exigeante :

  • Une ceinture abdominale affaiblie : L’enfant aura du mal à rester assis sur une chaise en classe sans s’affaler, car son dos et ses abdominaux n’auront pas appris à le soutenir.
  • Des troubles de l’écriture : Pour écrire fluidement de gauche à droite sur une feuille, le corps doit être capable de faire une légère rotation et de croiser la ligne médiane. Si le tronc est habitué à être rigide, ce mouvement devient coûteux en énergie et fatiguant.
  • Des douleurs articulaires précoces : Cette tension constante sur les hanches et les genoux peut, à long terme, créer des fragilités orthopédiques.
  • C’est un peu l’effet papillon de la parentalité : une position anodine à 4 ans peut se transformer en séances de rééducation graphique ou posturale à 8 ans. C’est une réalité physiologique qu’il est utile de connaître.

    Redirigez votre enfant sans le gronder : privilégiez la position du tailleur ou les jambes allongées

    Pas la peine de paniquer ni de transformer le salon en camp d’entraînement militaire. L’objectif n’est pas de culpabiliser l’enfant, mais de corriger le tir en douceur. Si vous voyez votre enfant en W, une simple phrase suffit : « Hop, range tes jambes s’il te plaît » ou « Assieds-toi comme un petit indien ». L’idée est de lui proposer des alternatives qui vont l’obliger à utiliser ses muscles.

    Les kinésithérapeutes recommandent vivement de privilégier deux positions principales pour remplacer cette posture. Voici un comparatif pour vous aider à visualiser l’intérêt du changement :

    PositionEffet sur le corpsPourquoi la privilégier ?
    Le tailleur (jambes croisées)Les hanches s’ouvrent vers l’extérieur.Le dos doit travailler pour rester droit, renforçant la ceinture abdominale naturellement.
    Le long sitting (jambes allongées devant)Étire les ischio-jambiers.Excellente pour la stabilité du tronc sans mettre de pression sur les articulations des genoux.
    Le W-sitting (à éviter)Hanches fermées, genoux tordus.Aucun travail musculaire, ligaments sous tension, tronc bloqué.

    Mieux vaut corriger cette habitude dès maintenant, avec bienveillance et répétition, pour lui assurer une base solide. En l’encourageant à changer de position, vous ne faites pas que protéger ses genoux, vous préparez littéralement son corps à pouvoir se concentrer sur ses apprentissages scolaires sans avoir à lutter contre la gravité.

    Surveiller la posture de nos enfants rejoint la longue liste des petits détails qui comptent énormément. C’est une correction simple, gratuite et qui peut éviter bien des tracas futurs. La prochaine fois que le W apparaît sur le tapis, redirigez gentiment vers le tailleur et protégez ainsi sa structure orthopédique.

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Marie R.

Written by Marie R.

Je suis Marie, rédactrice passionnée par la parentalité et la forme autour de la grossesse. J’écris pour accompagner avec des conseils rassurants.
Équilibre et bien-être avant tout.