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Je bois un verre le soir pour me relaxer… mais est-ce vraiment bon pour moi ?

Lorsque les jours raccourcissent, que les enfants dorment enfin et que le froid de décembre s’invite derrière nos fenêtres, il est tentant d’attraper un verre pour conclure la journée. Entre obligations, stress et nuits trop courtes, nombreuses sont celles qui voient ce petit rituel comme une parenthèse bien méritée. Mais si boire un verre le soir pour se relaxer semble un réflexe anodin, qu’en est-il réellement de ses effets sur notre forme, notre sommeil et notre moral ?

Pourquoi le rituel du verre du soir paraît si rassurant

En période d’hiver, quand fatigue, sollicitations et parfois petits coups de blues s’accumulent, il n’est pas rare de se tourner vers un geste simple pour souffler après une longue journée. Pour nombre de jeunes mamans, ou femmes en pleine transformation corporelle, le verre du soir s’installe avec la routine : il marque la fin de la course, le début de sa « vraie soirée ». Un peu comme une bouillotte que l’on serre contre soi pour apaiser les tensions, c’est un repère presque chaleureux.

Ce rituel a de quoi séduire : le bruit délicat du vin contre le verre, le premier contact frais sur les lèvres, la sensation fugace de chaleur qui descend… Tout donne l’impression de couper court au stress, de se récompenser et de mettre à distance les petits tracas quotidiens. On s’imagine que ce doux relâchement est la signature d’une vraie détente, alors qu’il s’agit surtout d’un signal rassurant, répété chaque soir, presque automatique.

La fausse impression de détente

Ce que l’on ressent juste après, c’est bien souvent une sensation immédiate de calme ou d’enveloppement, un peu trompeuse. Le corps se relâche, le mental ralentit, et l’on pense avoir gagné du temps sur la fatigue… Mais derrière cette illusion, ce n’est pas tant la boisson en elle-même qui nous détend, que le fait de marquer une pause, de ralentir le rythme, et de s’octroyer un instant rien qu’à soi. Le verre du soir devient alors un symbole, mais pas toujours une réponse adaptée aux véritables besoins du corps, surtout en période de reconstruction après une naissance ou lors de bouleversements physiques.

Ce que l’alcool du soir provoque vraiment sur le sommeil et la récupération

Sous ses airs réconfortants, le verre du soir installe en réalité un cycle moins réparateur pour notre organisme. L’alcool, en particulier consommé le soir, perturbe la structure du sommeil : après une courte phase d’endormissement apparemment plus facile, il provoque des réveils nocturnes, transforme les nuits en une succession d’éveils brefs et ralentit la récupération musculaire et nerveuse.

La conséquence directe ? Fatigue persistante le matin, irritabilité, parfois même anxiété accrue au réveil. Et ce mécanisme fonctionne en boucle : plus la nuit est morcelée, plus le besoin d’un coup de « réconfort » en soirée s’impose. Pour celles qui viennent d’accoucher, qui se relèvent déjà plusieurs fois chaque nuit pour leur bébé, ou qui essaient de retrouver énergie et équilibre, l’impact n’est pas neutre.

De la récupération compromise à la spirale de la fatigue

On croit regagner un peu de paix en fin de journée, mais c’est souvent tout l’inverse qui se produit : le sommeil profond, celui qui régénère vraiment, est raccourci. Les muscles récupèrent moins bien, les tensions subsistent, et il n’est pas rare de ressentir le lendemain cette fameuse impression de cerveau en coton, accompagnée d’une envie de café (ou d’un autre verre… le cercle vicieux). Fatigue, nervosité et anxiété deviennent des compagnons quotidiens alors même qu’on cherchait à les repousser.

À retenir : Un verre d’alcool le soir détériore la qualité du sommeil, réduit la récupération et peut entraîner fatigue et anxiété dès le lendemain.

Changer son rituel du soir : astuces pour se détendre… et vraiment se reposer

Heureusement, la détente ne passe pas obligatoirement par l’alcool ! Il existe des gestes concrets, accessibles et plus bénéfiques pour le corps (y compris si l’on traverse une phase de post-partum, d’allaitement ou de remise en forme). La clé ? Créer un moment à soi, qui envoie au cerveau ce même signal de pause et de douceur – sans perturber le sommeil.

Des alternatives faciles et apaisantes

  • L’infusion ou la tisane du soir : privilégiez la verveine, la fleur d’oranger, le tilleul, le rooibos…
  • Un auto-massage express : quelques minutes pour détendre les épaules ou les pieds sous un plaid chaud.
  • La respiration profonde : inspirez, expirez lentement, cinq minutes devant votre fenêtre ou en écoutant de la musique douce.
  • Le rituel du carnet : notez trois petits plaisirs ou réussites du jour pour orienter l’esprit vers le positif.
  • La douche chaude en mode hammam : laissez la vapeur et le parfum des huiles essentielles remplacer la chaleur de l’alcool.

Vous l’avez compris, il ne s’agit pas d’éliminer toute idée de pause, mais de trouver un rituel qui respecte vraiment le besoin de repos et de récupération, sans faux apaisement.

Le mot du coach : si la tentation persiste…

Changer d’habitude ne se fait pas du jour au lendemain, surtout lorsque le verre du soir s’est installé comme automatisme réconfortant. Si l’envie persiste, on peut tester la substitution progressive : un soir sur deux, préparer son verre de tisane favorite, ou encore s’autoriser un carré de chocolat ou une poignée de fruits secs pour le plaisir sensoriel. Impliquer sa moitié ou une amie dans le nouveau rituel peut aussi motiver le changement et renforcer le soutien au quotidien.

Petite astuce en cas de fatigue ou de difficulté à décrocher : planifiez une activité douce en toute fin de journée (un podcast, quelques étirements, la préparation d’une boisson réconfortante) pour détourner l’attention et laisser au corps le vrai signal de déconnexion.

Tableau mémo : remplacez le verre du soir par un geste santé

Gêne ou besoin du soirGeste alternatifBénéfice ressenti
Tension dans les épaulesAuto-massage avec une balle de tennisMuscles relâchés, sommeil facilité
Baisse d’énergie mentaleRespiration profonde, lumière tamiséeCorps apaisé, esprit allégé
Envie de douceur/reconfortTisane à la fleur d’oranger, plaid et lectureSensation de chaleur, relaxation, pas de perturbation du sommeil

En hiver particulièrement, alors que la fatigue est plus présente et les soirées plus longues, il est possible d’inventer un nouveau rituel doux, respectueux du corps et réellement réparateur.

S’accorder une pause ne doit pas signifier perturber son sommeil ni sacrifier son énergie du lendemain. Se questionner sur ses habitudes du soir, surtout en période de fragilité ou de transformation physique, permet de construire un bien-être durable, bien loin du verre quotidien qui, malgré ses promesses, emporte souvent le repos avec lui. Et vous, quel sera votre prochain petit plaisir du soir ?

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Written by Marie